Médecins et empathie

11 juillet 2022 - Médecins et empathie

Ce qui m’est arrivé aujourd’hui est un exemple flagrant du manque d’empathie que nous rencontrons parfois de la part du corps médical en général et de certains médecins en particulier.

A croire que ceux-ci deviennent des techniciens de la maladie, et ne s’occupent plus que la soigner, sans s’occuper des malades.

Et c’est bien dommage, car ils ne se rendent même plus compte qu’ils ont des êtres humains en face d’eux, qui ont souffert, et souffrent encore, tant psychologiquement que physiquement.

Aujourd’hui, nous avions prévu de sortir en amoureux en bord de mer, pour la première fois depuis le début des hostilités qui avaient accaparé toutes nos pensées.

L’avenir s’annonçait le mieux possible pour moi : tumeurs éradiquées, pas de chimiothérapie, et tout était rentré dans l’ordre après les petites frayeurs que nous avions eues. 

Ma cicatrisation se faisait bien et je pouvais enfin faire plusieurs heures de voiture sans douleur.

Nous étions partis tôt pour profiter au maximum de cette belle journée.

Nous avions fait une belle promenade en bord de mer, insouciants en profitant du soleil.

Et nous étions prêtes à nous diriger vers le restaurant lorsque mon téléphone sonna.

 – « Bonjour Madame Boutet, ici le CHU, vous allez bien ?

 – Euh… oui..

 – Ici M. xxx, interne en radiothérapie. A la suite de votre scanner dosimétrique, j’ai vu un nodule au poumon. »

A ce moment, le ciel me tomba sur la tête, et mon cerveau se focalisa sur ces 3 mots : 

  • scanner,
  • nodule,
  • poumon,

en excluant totalement tout le reste de la conversation.

 – « Le scanner dosimétrique n’est pas un scanner de diagnostic, mais en réunion interdisciplinaire, on a décidé d’aller voir ce que c’est et de faire un scan-TEP (qui permet de voir les métastases). Etes-vous d’accord ?

 – Euh… oui… »

Mon cerveau avait totalement décroché, et j’entendis à peine ses paroles suivantes : que ce n’était peut-être rien, mais qu’il valait mieux être sur.

Il nous dit qu’il allait ensuite prendre le rdv du scan-TEP, puis nous rappeler pour nous donner la date.

J’avais mis le haut-parleur, et mon mari et moi étions assommés.

J’étais littéralement KO debout et mon cerveau tournait en boucle autour de ses mots.

J’étais choquée, j’oscillais entre le « c’est fichu » et « j’ai un cancer du poumon, je ne vais jamais m’en sortir »

Quelques minutes après, il nous rappela pour nous donner la date : le 3 août, soit plus d’un mois d’attente à me ronger les sangs et à me poser des questions sur mon avenir !

Je ne sais plus ce qu’il dit exactement, car mon mari avait répondu : j’en étais totalement incapable, encore sous le choc de l’annonce.

Finie la journée de détente : je retenais mes larmes, j’étais perdue et je ne savais plus où j’en étais.

Mon mari me demanda d’ailleurs si je voulais rentrer , mais entre le restaurant réservé et les 2 heuers de route, cela ne servait à rien de partir.

Autant essayer de sauver ce qui pouvait l’être de cete journée, et essayer d’en profiter, au moins un peu.

 

Nous sommes allés au restaurant, plutôt tristement.

Et au lieu du méga plateau de fruits de mer dont je rêvais (nous n’étions pas sortis de l’été, alors nous avions prévus de casser notre tirelire), je pris au plus simple.

Et pleurai à l’apéritif, puis assaisonnai mes fruits de mer de mes larmes.

Je ne pouvais faire autrement : l’émotion était trop forte.

Nous dûmes expliquer aux autres convives ainsi qu’aux patrons, qui nous regardaient avec commisération, que nous avions eu une mauvaise nouvelle.

Puis nous terminâmes la journée en nous promenant un peu et en visitant un fort transformé en boutiques, mais le coeur n’y était plus du tout.

Nous avions sauvé ce que nous avions pu de cette journée qui avait viré au cauchemar.

Et encore, heureusement que je n’étais pas seule ! 

Je ne sais pas comment j’aurais réagi tellement le choc fut dévastateur pour moi : j’étais tombée carrément en état de choc à cette annonce.

© Equilibrance coaching juillet 2022

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *